31 03 2008
Lazare Ponticelli vs Le Tibet : la ville de Cesson perd 1-0
Par L'impertinente le 31/03/2008, 22:30 - Politique - 443 lectures
Aucun élu de la majorité (hormis le maire de Cesson lui même) n'était présent à la cérémonie du 17 mars en l'honneur du dernier poilu de la grande guerre. En revanche, tous les élus de ce même groupe majoritaire paradaient avec des drapeaux du Tibet dans les rues de la ville dix jours plus tard. Il semble qu'une fois encore la communication politique (pour ne pas dire le marketing) tende à devenir l'essentiel de l'action.
Lazare Ponticelli, notre dernier poilu, est décédé mercredi 12 mars à l'age
de 110 ans.
Avec lui s'est éteint le dernier témoin de la grande guerre de 14-18, une
guerre qui a fait en France 1 500 000 morts. Sur l'ensemble de l'Europe, le
bilan macabre s'élève à 9 000 000 de morts, auxquels il faudrait ajouter les 6
500 000 blessés, les 3 000 000 de veuves et les 6 000 000 d'orphelins.
Les conséquences de cette guerre qui devait être la "der des der" ont été
nombreuses et considérables. C'est le sens de l'hommage national qui à travers
Lazare Ponticelli honorait la mémoire de ces victimes, toute une génération
sacrifiée.
Le devoir de mémoire est pour nous, élus, le premier des devoirs. Il ne s'agit
pas seulement de reconnaissance envers les morts pour la France, mais bien de
la nécessité de transmettre des valeurs qui nous transcendent. La transmission
de l'histoire aux jeunes générations est fondamentale car loin d'être
ringardes, ces cérémonies offrent aux jeunes un espace de réflexion et de mise
en perspective par rapport à la société actuelle et à leur place de
citoyen.
C'est pour cette raison que lors du précédent mandat municipal nous avions
souhaité associer les jeunes élus du conseil communal enfants et du conseil
communal jeunes aux cérémonies du monument aux morts.
Les obsèques de Lazare Ponticelli ont eu lieu le 17 mars. Au même moment,
l'ensemble des administrations observait une minute de silence.
A Cesson, Jean-Marc Brûlé, nouveau maire Vert de la ville, n'a pas jugé
nécessaire d'inviter les élus à cette première cérémonie du monument aux morts
de sa mandature.
Il est vrai à sa décharge qu'une mort ne se programme pas... malgré tout,
depuis le 12 mars... la veille de la commémoration, le 16 donc, nous étions
tous ensemble, élus et citoyens, réunis en salle du conseil municipal. Il
aurait suffi d'une simple affiche collée sur la porte de la mairie, d'une
invitation posée sur la table à notre intention. Il aurait suffi d'une toute
petite phrase prononcée devant l'assemblée, enfin il aurait suffi d'un courriel
de rattrapage, même envoyé tardivement et à la hâte. Mais il n'y a rien eu
!
La nation toute entière a rendu hommage à Lazare Ponticelli, mais à Cesson le
nouveau maire était bien seul. Aucun de ses co-listiers n'était présent. Aucun
sur les 28 membres que compte sa liste électorale. Aucun parmi ses nouveaux
adjoints, PS et Verts unis... dans une même indifférence ?
Les anciens combattants et les cessonnais auraient pu se sentir délaissés. Fort
heureusement, notre équipe, la liste "Vivre ensemble à Cesson", a dépêché une
délégation composée par madame Marie-Annick Fayat et messieurs Jean-Michel
Belhomme, Jacky Lemaire, Michel Bonnelle et André Sauriot.
Mise en route difficile pour la nouvelle équipe municipale ou hiérarchisation
des manifestations ? En tous les cas, quel contraste avec le défilé du 29
mars organisé pour soutenir le Tibet ! Là aussi le temps aurait pu
manquer. La motion de soutien pour le Tibet n'a été envoyée aux élus que le 27
mars, jour du conseil municipal, un peu avant midi. Le 27 au soir la motion
était adoptée. Et le 29 mars, le drapeau du Tibet flottait sur le toit de la
mairie (commandé apparemment en 24h chrono !). Ces gestes forts et symboliques
étaient bien suffisants parce qu'ils engagent de façon claire et volontaire
notre ville. Mais ce même jour, l'ensemble du groupe majoritaire, arborant des
écharpes tricolores toutes neuves et des drapeaux du Tibet, s'est promenée dans
la ville de Cesson-La-Forêt jusqu'au parvis de la mairie où un cocktail ainsi
que les journalistes invités pour l'occassion attendait la bruyante et joyeuse
délégation. Là nous ne sommes plus dans la défense d'une cause légitime mais
bien dans l'activisme médiatique.
Il n'est pas question de remettre ici en doute le bien fondé de la cause
tibétaine à laquelle je suis moi aussi profondément attachée (voir mon
précédent billet sur le boycott des J.O), mais bien d'avoir une réflexion citoyenne
et de s'interroger : quand on connait l'expérience politique du nouveau
maire de Cesson, qui est aussi conseiller régional depuis de nombreuses années,
est-il possible d'excuser sa désinvolture ainsi que celle de toute son équipe
ce 17 mars? Enfin que pensez vous du cirque médiatique, de l'appropriation de
causes humanitaires, de l'insupportable instrumentalisation du chagrin et de la
souffrance qui caractérisent un certain nombre d'hommes et de femmes politiques
d'aujourd'hui ?






Commentaires
Je reconnais que la différence de traitement des événements est choquante, mais la cause du Tibet est une cause vivante, à court terme, ne doit on pas lui donner la priorité ?
L'impertinente : Une fois encore Alain, merci pour votre commentaire. A titre personnel je pense qu'effectivement sur la question du Tibet il est urgent d'agir. Cependant il faut distinguer l'action personnelle de celle qui engage la collectivité. Des causes urgentes et prioritaires il y en a beaucoup: Le Darfour, la Palestine, les chrétiens d'Irak... pour n'en citer que quelques exemples. Chacun peut agir en son nom propre et cela est légitime, mais surtout chacun est libre de son choix. Ici ce que je trouve anormal c'est qu'on engage les fonds de la collectivité sans qu'il y ait eu un vrai débat ou une consultation auprès des cessonnais. Quand il y a eu le tsunami nous avons mis une urne à la mairie pour collecter de fonds. Coût pour les cessonnais=zéro. Et pourtant l'action était efficace.
Pour le Tibet à votre avis combien coûte un cocktail pour 100 personnes organisé à la mairie et pour quelle efficacité hormis la propre promotion de monsieur Brûlé et de l'ensemble de son équipe?
Ce qui me choque le plus c'est que la manifestation pour le Tibet qui s'est tenue à Cesson s'est terminée pour un cocktail. J'auras plutôt vu un moment de silence. Cela aurait aussi coûté moins cher à la collectivité. Notre dernier poilu aura également coûté moins cher: une gerbe et un représentant de la majorité. Heureusement le dernier carré est toujours vaillant.
Dire que le cocktail fut organisée pour 100 personnes , alors que les journaux annonce 40 participants , c'est dire que la nouvelle équipe fait fi de la gestion ;
passant ce matin là devant la mairie , je n'ai compté qu'une cinquantaine d'individus , ou était le commité de soutien ? peux être sont t'ils venus au cocktail
très bien ce blog, continuez dans ce sens surtout ne vous decouragez pas, je suivrais vos commentaires. Etant indisponible pour le moment mais je compte bien vous contacter très bientôt