Lazare Ponticelli, notre dernier poilu, est décédé mercredi 12 mars à l'age de 110 ans.
Avec lui s'est éteint le dernier témoin de la grande guerre de 14-18, une guerre qui a fait en France 1 500 000 morts. Sur l'ensemble de l'Europe, le bilan macabre s'élève à 9 000 000 de morts, auxquels il faudrait ajouter les 6 500 000 blessés, les 3 000 000 de veuves et les 6 000 000 d'orphelins.
Les conséquences de cette guerre qui devait être la "der des der" ont été nombreuses et considérables. C'est le sens de l'hommage national qui à travers Lazare Ponticelli honorait la mémoire de ces victimes, toute une génération sacrifiée.

Le devoir de mémoire est pour nous, élus, le premier des devoirs. Il ne s'agit pas seulement de reconnaissance envers les morts pour la France, mais bien de la nécessité de transmettre des valeurs qui nous transcendent. La transmission de l'histoire aux jeunes générations est fondamentale car loin d'être ringardes, ces cérémonies offrent aux jeunes un espace de réflexion et de mise en perspective par rapport à la société actuelle et à leur place de citoyen.
C'est pour cette raison que lors du précédent mandat municipal nous avions souhaité associer les jeunes élus du conseil communal enfants et du conseil communal jeunes aux cérémonies du monument aux morts.
Les obsèques de Lazare Ponticelli ont eu lieu le 17 mars. Au même moment, l'ensemble des administrations observait une minute de silence.

A Cesson, Jean-Marc Brûlé, nouveau maire Vert de la ville, n'a pas jugé nécessaire d'inviter les élus à cette première cérémonie du monument aux morts de sa mandature.
Il est vrai à sa décharge qu'une mort ne se programme pas... malgré tout, depuis le 12 mars... la veille de la commémoration, le 16 donc, nous étions tous ensemble, élus et citoyens, réunis en salle du conseil municipal. Il aurait suffi d'une simple affiche collée sur la porte de la mairie, d'une invitation posée sur la table à notre intention. Il aurait suffi d'une toute petite phrase prononcée devant l'assemblée, enfin il aurait suffi d'un courriel de rattrapage, même envoyé tardivement et à la hâte. Mais il n'y a rien eu !
La nation toute entière a rendu hommage à Lazare Ponticelli, mais à Cesson le nouveau maire était bien seul. Aucun de ses co-listiers n'était présent. Aucun sur les 28 membres que compte sa liste électorale. Aucun parmi ses nouveaux adjoints, PS et Verts unis... dans une même indifférence ?
Les anciens combattants et les cessonnais auraient pu se sentir délaissés. Fort heureusement, notre équipe, la liste "Vivre ensemble à Cesson", a dépêché une délégation composée par madame Marie-Annick Fayat et messieurs Jean-Michel Belhomme, Jacky Lemaire, Michel Bonnelle et André Sauriot.

Mise en route difficile pour la nouvelle équipe municipale ou hiérarchisation des manifestations ? En tous les cas, quel contraste avec le défilé du 29 mars organisé pour soutenir le Tibet ! Là aussi le temps aurait pu manquer. La motion de soutien pour le Tibet n'a été envoyée aux élus que le 27 mars, jour du conseil municipal, un peu avant midi. Le 27 au soir la motion était adoptée. Et le 29 mars, le drapeau du Tibet flottait sur le toit de la mairie (commandé apparemment en 24h chrono !). Ces gestes forts et symboliques étaient bien suffisants parce qu'ils engagent de façon claire et volontaire notre ville. Mais ce même jour, l'ensemble du groupe majoritaire, arborant des écharpes tricolores toutes neuves et des drapeaux du Tibet, s'est promenée dans la ville de Cesson-La-Forêt jusqu'au parvis de la mairie où un cocktail ainsi que les journalistes invités pour l'occassion attendait la bruyante et joyeuse délégation. Là nous ne sommes plus dans la défense d'une cause légitime mais bien dans l'activisme médiatique.

Il n'est pas question de remettre ici en doute le bien fondé de la cause tibétaine à laquelle je suis moi aussi profondément attachée (voir mon précédent billet sur le boycott des J.O), mais bien d'avoir une réflexion citoyenne et de s'interroger : quand on connait l'expérience politique du nouveau maire de Cesson, qui est aussi conseiller régional depuis de nombreuses années, est-il possible d'excuser sa désinvolture ainsi que celle de toute son équipe ce 17 mars? Enfin que pensez vous du cirque médiatique, de l'appropriation de causes humanitaires, de l'insupportable instrumentalisation du chagrin et de la souffrance qui caractérisent un certain nombre d'hommes et de femmes politiques d'aujourd'hui ?