19 03 2008
L'impertinente soutient le logiciel libre
Par L'impertinente le 19/03/2008, 17:50 - Technologie - 344 lectures
Le logiciel libre est une initiative équitable, citoyenne et qui favorise l'enrichissement du patrimoine de l'humanité en rendant les logiciels informatiques accessibles au plus grand nombre. Mais qu'est-ce que le logiciel libre précisément ?
L'impertinente soutient le logiciel libre, et n'utilise au quotidien que des logiciels libres : Ce blog est réalisé avec Dotclear sous Linux, j'utilise moi même Linux Ubuntu et la suite bureautique OpenOffice.org, ainsi que Mozilla Firefox et Thunderbird pour lire mes emails.
Qu'est-ce que le logiciel libre ?
Le Logiciel Libre est un logiciel qui garantit 4 droits fondamentaux :
- USE - le droit d'utilisation illimité
- STUDY - le droit d'étudier le logiciel (par accès aux sources complets)
- IMPROVE - le droit de modification (à condition, morale, d'en faire profiter la communauté)
- COPY - le droit de diffusion (à condition, morale aussi, de citer les auteurs
Le Logiciel Libre défend la théorie que "les idées et le logiciels qui
donnent des solutions à des problèmes universels doivent être la propriété de
l'humanité pour nous permettre d'évoluer." (Daniel Rodriguez).
Le mouvement du Logiciel Libre considère aussi que seul un logiciel libre
dispose de l'énergie suffisante pour vivre et à s'adapter de plus en plus vite
aux besoins des utilisateurs (de par sa communauté) : tant qu'il est
utilisé, il se développe.
Logiciel Libre et alternatives
Un Freeware (Logiciel Gratuit) n'est pas libre (on n'a pas les 4 droits
fondamentaux, en général seulement les droits USE et COPY), pas plus qu'un
logiciel Libre est forcément gratuit.
Un Logiciel en Shared Source (source lisible) n'est pas libre non plus (seul le
droit STUDY est donné).
Il existe différentes licences de logiciel libre : GPL, LGPL, BSD,
X11,etc.
Logiciel Libre et Open Source, 2 philosophies
Le mouvement Logiciel Libre (4 droits) et le mouvement Open Source (10
critères) sont en fait très proches l'un de l'autre.
Les 10 critères Open Source :
- Liberté de distribuer
- Obligation de distribuer le source sous une forme exploitable
- Droit de modifier et de dériver l'application
- Respect de l'intégrité du source de l'auteur (l'auteur reste responsable de l'intégration des améliorations contribuées)
- Non discrimination personnelle (tout le monde sans exception peut utiliser le logiciel)
- Non discrimination d'usage (on peut utiliser le logiciel pour tout usage sans restriction)
- Transmission de licence (on ne peut obliger un utilisateur à souscrire une licence additionnelle, ou simplement une clause de plus, que la licence initiale du logiciel)
- Divisibilité Open Source (Si un logiciel Open Source fait partie d'un ensemble logiciel, l'en extraire et le distribuer seul n'en change pas la qualité Open Source).
- Liberté d'association de licences (Un logiciel Open Source peut être distribué avec d'autres logiciel non Open Source).
- Licence non piégée (L'accès au code source ne doit pas obliger d'utiliser une technologie donnée, comme un site web pétri de popups publicitaires)
Ces deux mouvements sont avant tout éthiques et politiques, ils sont fondés sur une vision du logiciel (que se serait il passé si Fleming avait gardé et commercialisé seul la pénicilline et l'avait, par exemple, réservé aux seuls natifs d'Angleterre ?).
La Licence "Logiciel Libre" par excellence : GPL (Gnu Public Licence)
La GPL (et sa variation LGPL-Lesser GPL) représente la licence la plus
proche des fondements du logiciel libre (voir sa définition, dans les
réferences ci-dessous). Un logiciel GPL assure qu'il n'est composé que de
sources GPL (La version LGPL permet d'utiliser des modules non libres dans un
logiciel libre).
Les licences suivantes sont conformes (ou compatibles) avec la licence
GPL : X11, BSD modifiée, Perl, OpenLDAP 2.4+, etc. Les licences suivantes
sont non conformes à la GPL : BSD standard (contient une obligation de
clause de publicité), OpenSSL (idem), Apache 1.x et 2, Mozilla (La licence
oblige à n'utiliser que des modules sous licence Mozilla MPL), etc.
Ces différences sont importantes si l'on souhaite créer et distribuer un
logiciel, mais ne changent rien à l'usage courant pour peu que l'on se
conforme, par principe, à la licence du logiciel utilisé.
Et Linux ?
On appelle Linux l'ensemble constitué du noyau Linux (actuellement en
version 2.6) compilé, assorti de différents logiciels et fourni dans un kit
d'installation. C'est un abus de langage pour l'expression "Distribution
Linux".
Les distributions Linux constituent un système d'exploitation Open Source. Mais
Seul Debian GNU Linux est un Linux GPL (cf. Site
du projet GNU).
Libre = Gratuit ?
L'erreur vient du double sens du terme "FREE" en Anglais, qui signifie aussi bien "gratuit" que "libre". En pratique pourtant, rien n'empêche de vendre un logiciel libre, mais puisque son utilisateur dispose du droit inaliénable de copie et de distribution, il peut ensuite le donner gratuitement, ou le faire payer à son tour un prix différent. Etonnante au premier abord, cette possibilité rend dans les faits la totalité des logiciels libres gratuits (Ce sont les services associés qui sont, naturellement payants : packaging, distribution, installation, formation, etc.).
Des logiciels Libre sous Windows ?
Le Logiciel Libre et l'Open Source interdisent de contraindre l'utilisation du logiciel à un usage spécifique ou d'en interdire l'usage dans certaines conditions : rien n'empêche donc de compiler ou d'éxecuter un logiciel libre ou open source sous Windows. De nombreux logiciels Libres ou Open Source fonctionnent d'ailleurs parfaitement sous Windows (Apache, Mozilla, PHP, Squid, Perl, OpenSSL, GNU C/C++ Compiler, etc.).
Industrie et logiciel libre
La plupart des analystes (Gartner, Meta Group, etc.) confirme que les licences de type Open Source, et notamment le Logiciel Libre, sont à long terme seules garantes de pérénnité logiciel pour les entreprises. La plupart des grandes entreprises informatiques mondiales distribuent des logiciels clefs sous licence Open Source, ou participent à des projets Open Source : IBM, Netscape, Novell, Intel, Sun, AT&T, etc. Cela ne les empêche pas de vendre encore leur logiciels clefs, mais en participant au logiciel libre, et en l'accompagnant de leur palette de services, ils en démontrent la vitalité économique.
Politique et logiciel libre
En tant que mouvement éthique, philosophique et économique, le logiciel
libre n'a pas manqué de trouver écho auprès des responsables politiques
nationaux dans plusieurs pays. C'est le cas de la France notamment, où le
premier ministre Jean-Pierre RAFFARIN à créer le projet ATICA, recommandant (à
fonctionnalités équivalentes) l'utilisation d'un logiciel libre plutôt qu'un
logiciel sous licence propriétaire. C'est aussi le cas en Allemagne, Italie,
Espagne, Brésil, Argentine, Corée du Sud, Chine, etc.
Trois grandes raisons sont invoquées par les analystes : La pérennité du
modèle de contribution communautaire, le coût d'acquisition, le besoin de
rompre avec le monopole général des Etats-Unis sur les technologies de
l'information (les plus grandes sociétés fournissant des logiciels sont
américaines : Microsoft, IBM, Sun, Cisco, etc.). Cette dernière raison
n'est pas à négliger, car elle relève de la nature des marchés à s'équilibrer
face à des situations de monopole commercial ou national.
Références






Commentaires
Très bon article, clair et précis, bravo !
Bravo pour cet article très bien construit.
J'adhère complètement à cette démarche, et j'encourage les autres lecteurs à s'y interresser.
bonjour, j'ai trouvé ce billet fort intéressant :) je me demandais pourquoi cette précision : a condition, morale, d'en faire profiter la communauté ... ;) je te souhaite une bonne continuation !
merci à toi.
Cette précision est là pour rappeler que le principe de "contribution", je participe aux évolutions du logiciel, est ce qui fait la force des logiciels libres : leurs utilisateurs les plus avancés sont acteurs de la vie de leur logiciel, leur assurant ainsi une pérennité naturelle (le logiciel vit tant qu'on l'utilise, pas seulement tant qu'un éditeur l'entretient, pour finalement l'abandonner et vous obliger à en acheter un autre).